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Sœur Pierre-Claver Zoungoula,
l'exemple d'une vie faite de don de soi
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Des origines modestes,
une enfance malheureuse
  

Née vers 1883, originaire de la Région de Bangui, décédée à Brazzaville le 7 décembre 1905 de la maladie du sommeil. Cueillie dans la brousse africaine par un missionnaire de passage, cette petite fleur ne semblait devoir s'épanouir que dans les tristes ombres de l'esclavage. En venant au monde, sa mère lui donne, sans savoir pourquoi, le nom de Zoungoula; probablement qu'en le prononçant, elle y trouve des harmonies que son coeur de mère est seul à percevoir.

Mais la pauvre enfant est fille d'esclave; ce n'est donc qu'une chose entre les mains de son maître. Un beau jour, il faut payer une dette, et c'est Zoungoula qui est donnée en paiement. Les larmes de sa mère n'y font rien aux siennes, l'on ne fait même pas attention. Chargée de quelques objets, elle est obligée de suivre son nouveau maître. Elle ne se doutait guère qu'elle prenait le chemin de la liberté.

Vers 1894, les missionnairs commencent à parcourir les environs, à faire connaissance avec ces nouvelles tribus. et constatent partout un esclavage effrayant, un commerce actif d'enfants destinés à assouvir de féroces appétits. C'est en arrachant quelques-unes de ces enfants à leur misérable sort que Zoungoula échut au missionnaire. Dieu se l'était choisie, et il l'amenait avec lui par des sentiers tracés par sa main providentielle. Quelques temps après, un bateau emmenait la petite fille chez les soeurs de Brazzaville où, avec de nouvelles mères, elle trouverait aussi le chemin du salut.

Elle avait environ 9 ans. Comme les autres, elle reçoit dans son cœur les premières vérités de la religions chrétienne. Son caractère doux, docile et pragmatique est un terrain tout préparé. La foi s'allume dans son âme. Dès ce moment, l'amour de Dieu et l'amour du prochain vont grandir dans son coeur. Pendant qu'elle se prépare au beau jour de sa première communion et de la confirmation, elle est placée à l'infirmerie des enfants qu'elle lave avec le plus grand soin et qu'elle porte au soleil pour qu'elles se réchauffent. Le soir, elle les rentre à l'infirmerie, arrange leurs nattes et leur fabrique de petits oreillers pour adoucir leurs souffrances : une mère n'aurait pu mieux faire.



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Messe du 24ème anniversaire à St Pierre-Claver : Des membres engagées apportent des offrandes dans une procession dansée.

 


Une vie entière au service des malades et une confiance absolue en Dieu...


Conduite par l'Esprit de Dieu, elle travaille à soulager les souffrances de ces pauvres corps et leur rend les services les plus répugants; mais aussi, elle n'oublie pas que dans ces corps il y a une âme pour laquelle notre Seigneur est mort. Et chaque jour, elle passe des heures entières à instruire ces âmes, à allumer dans ces coeurs insensibles l'amour du Créateur : combien en a-t-elle aussi préparé par sa patiencepar ces instances et surtout par ses prières !

Zoungoula fut toujours la même au milieu de ses malades, ignorant son dévouement, ne s'occupant pas du danger qu'elle courait chaque jour, ne demandant qu'à se sacrifier pour le salut des âmes. Elle n'ignorait pas à quoi elle s'exposait en donnant des soins à ce genre de malades, mais elle avait déjà dit à notre Seigneur dans l'intimité de son coeur : "je serai une humble servante jusqu'à la fin". Et c'est dans cette devise qu'elle puisa le dévouement qu'elle offrit à ses malades le reste de sa vie.
Puis, voilà arrivé pour elle le grand jour de la profession religieuse : elle se donne à Dieu comme tout à l'heure quand elle se donnait aux malades . Mais on peut dire que son sacrifice a été complet. Pendant les trois années qui lui restent à vivre, elle ne jettera jamais un regard en arrière; le monde indigène, païen ou chrétien, ne lui inspirera jamais aucun regret. Elle s'est donnée à Jésus et n'a jamais pensé qu'il fût possible de se reprendre (..)


Le dessein de Dieu

Dieu ne voulut pas laisser ce dévouement sans récompense, et déposa dans le coeur de Zoungoula le germe de la vocation religieuse. Elle devait être la deuxième d'une d'une petite œuvre encore bien humble, mais qu'elle vient de consolider par sa mort édifiante.

Timide et douce, elle demanda son admission au noviciat. Pendant trois ans, cette plante naguère sauvage, pliera sous les difficultés, acceptera toutes les épreuves, s'humiliera et ne murmura jamais. Il lui fallut beaucoup de courage pour abandonner ses dernières habitudes d'enfant de la brousse, pour se défaire de ses idées plus ou moins païennes, mais elle se laissa dépiouiller de tout ce qui rappelait son ancienne vie pour revêtir la parure des épouses du Christ.

Pendant ce temps de l'infirmerie des enfants, elle passe à l'hôpital indigène où les infirlités les plus repoussantes se donnent journellement rendez- vous. La voilà au milieu des maladies conta- gieuses les plus diverses : gale, variole, mal jaune, ulcère gangréneux et surtout maladie du sommeil.




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Le mot de Tata Aimé
Curé de la paroisse

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