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Un bijou dans un écrin de verdure

    L'église Saint Pierre-Claver a la forme d'un triangle équilatéral : trois côtés de 50 mètres et une flèche de 50 mètres. Ses fondations sont particulières. Elles sont à la longueur des murs. L’église repose sur trois radiers (trois points d’appui). Des fosses d’environ 8 à 10 mètres de profondeur, dans lesquelles on a coulé du béton armé de tige de fer torsadé. Deux radiers à l’avant de l’église; sur chacun repose les deux énormes poutres du plafond. Un troisième radier, sous le clocher. Si on se représente bien le résultat, c’est que l’église est comme en équilibre de poids sur ces seuls trois points d’appui. Ceci parce que le sol n’était que du sable et n’offrait pas de résistance.
   
    Les grandes poutres de 50 mètres de long pour le plafond ont dû être coulées en deux jours. Une journée entière pour chacune. Très tôt le matin, avec la presque totalité des employés, et jusqu'à la nuit tombée. Une véritable corvée. Mention spéciale pour l’auvent de l’entrée : en porte-à-faux (c’est-à-dire pas de pilier pour le soutenir), il pèse plusieurs tonnes. Ce n’est peut-être plus aventurier aujourd'hui, mais à ce moment-là, ça l’était. Depuis sa construction, aucune fissure ne s’est produite dans les murs de l’église. Du travail bien fait assurément (et "chapeau"!).


Le saviez-vous ?

    L'architecte et conducteur des travaux, M. Bonaventure VISBECK, est un ancien frère spiritain hollandais qui avait quitté la communauté et s'était marié à une gabonaise; il a construit plusieurs chapelles au CONGO dont celle de Linzolo. Pour le suivi du chantier "Saint Pierre-Claver", il était assisté du Frère Jean-Marc LACHAUME, économe.

Le financement, à l'évidence conséquent, de l'ensemble des travaux de construction de l'église a été managé par le Frère Jean-Marc LACHAUME : divers donateurs, particulièrement du Québec (les familleset amis des Pères canadiens), de la communauté et des institutions canadiennes à Brazzaville ( l'ambassade et les amis), la congrégation du Saint Sacrement et plusieurs donateurs en Europe, particulièrment en France.

La communauté paroissiale n'avait pas été en reste. Hommes, femmes et enfants… tous ont participé aux multiples collectes qui avaient été organisées pour collecter les fonds : les "nsinsani" avaient ponctué chaque fin de messe, agrémentés d'un chant très circonstancié composé par Moïse Baniakina, un enfant de la paroisse. D'ailleurs, ce chant qui fait l'éloge du don et de la responsabilité, est souvent chanté de nos jours, à l'occasion de grandes quêtes.

“Me Mâ lubiengae nsatu mpasie mu manisa nzo Nzambi (bis) - E mwatu (ndumba, mwana, Tata, Mâma…) twasa m'pat'aku, beto bonso m'pata m'pata“

Traduction littérale : “ Moi la grosse dame-jeanne, je suis affamée, pas assez garnie pour terminer la construction de l'église. Homme, femme, enfant… vite donnez-moi chacun un sou, un sou“.

"… La paroisse ne serait pas ce qu'elle est devenue sans le travail soutenu des "mabundu"…"Ils ont été la rampe de lancement de la paroisse. Ils sont à la base de sa croissance. Ils en ont été le moteur. Au fur et à mesure, ils ont augmenté en nombre…".


            

 


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( RP Rolland Dionne, ancien curé
)

 



Il sait de quoi il parle

    "Le "dibundu" de base, confie le RP Rolland Dionne, dans les tout débuts, a été sans nul doute la "Légion de Marie" : une armée d'environ 300 femmes et hommes qui ont sillonné les quartiers de la paroisse et ont été des agents de rassemblement et de conversion. Des personnes avec une foi audacieuse, animées d’un zèle et d’une foi à déplacer les montagnes. Elles sont allées interpeller les personnes de tout âge, ouvrant des chemins de conversion soit pour le baptême, soit le mariage, sans compter la multitude d’enfants rassemblés pour la catéchèse. Nous avons connu le nombre de plus de mille enfants qui avaient été contactés à domicile. Incroyable! Il faut l’avoir vécu pour le croire. Une belle réalité !
    Il y a eu le travail des Scholas populaires, celui de la chorale Tanga-ni-Tanga qui attirait les chrétiens du tout Bacongo et des autres quartiers, le travail des fraternités de femmes, de la Supplique et autres. Si la paroisse a donné à Brazzaville un archevêque et une communauté de Religieux sacramentains, c’est beaucoup grâce à ces mabundu".

 




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Le mot de Tata Aimé
Curé de la paroisse

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