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L'édification de l'église :
une ambition et une fierté



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"Seul l'artiste sait où il va, dès l'instant
où il commence à créer. Mais les chemins
qui vont de l'esquisse à l'œuvre finie,
il les construit à mesure qu'il les emprunte,
aussi sinueux et escarpés soient-ils". (CM)

    Perdu au milieu de la ferraille et des planches pour coffrage, un Père totalement désemparé devant l'ampleur du projet, devant l'immensité de l'œuvre architecturale. Oui ! le chantier vient d'être lancé depuis à peine quelques semaines et voilà que "la Chose" commence à sortir de terre, tel un bourgeon de baobab. Car en effet, il s'agit là du plus grand arbre jamais planté à Brazzaville (et peut-être même en Afrique à cette époque) pour abriter les rencontres de communautés chrétiennes en prière, en échanges spirituels de toutes sortes.
    Mais entre l'image ci-dessus et celle ci-contre, se seront passées bien de péripéties. "Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les maçons...". L'édification d'une église aussi ambitieuse que celle de Saint Pierre-Claver ne devait rien laisser au hazard : une gestion de projet exemplaire et la maîtrise d'une formidable opportunité pour l'économie de l'emploi. Tout cela était rondement mené par l'architecte et le conducteur des travaux. Il me souvient qu'à cette époque, tout le monde était perplexe, mais néanmoins confiant quant à la réussite de cette entreprise. Chaque jour apportait son lot d'"anecdotes du chantier".

" Je pense bien qu'à cette époque, le chantier de l'église avait autant d'impact que celui du stade omnisport en eut lors de sa construction"


D'invraisemblables histoires
qui ont nourri la légende :
  

    Une fois par exemple - j'étais en classe de CE1 à l'ecole primaire Saint Pierre-Claver - tout le quartier avait été en branle-bas suite à la disparition d'un des ouvriers, sourd et muet, qui n'avait pas pointé à la pause de midi. Après un quart d'heure de frénétiques recherches - rapportaient les premiers arrivés sur les leiux - l'un de ses amis se souvint qu'il avait travaillé dans la fosse septique fraîchement remblayée. Alors, tout le monde se saisit, quitte d'une houe, quitte d'une pelle, pour creuser à nouveau dans la fosse. Au bout d'interminables secondes, on vit surgir un bras, puis une tête. "C'est lui, c'est lui", s'écrièrent les ouvriers, "il est encore vivant". Le malheureux fut dégagé de la terre qui le tenait encore prisonnier et bondit à l'extérieur du trou, énervé à l'évidence, et le signifiant avec de grands gestes. "Ya baba, vukidi, ya baba vukidi" ("le muet l'a échappé belle !"), scandaient les gamins tels des moutons de Panurge (moi y compris, car nous avions fui la classe uniquement pour ne pas manquer un tel scoop.)
    Je ne sais si cette histoire s'était vraiment déroulée comme on nous la racontait autour du chantier, mais qu'importe, car c'est ainsi que se forgent les légendes.

    Des histoires, il y en eut d'autres, et de bien plus croustillantes et surprenantes encore, qui accompagnaient ainsi le déploiement du chantier... une manière pour tous les habitants du quartier de prendre corps dans l'histoire de l'édification de ce temple, dans leur propre histoire tou court.



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Le clocher
un repère dans la ville et bien au-delà…
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L'église dans toute sa superbe,
dominant le quartier



Les photos de la construction de l'église


    Lors de votre voyage en Afrique Centrale, faites donc un petit tour à Brazzaville. Cette ville mêle l'architecture coloniale et des créations modernes au milieu des petites maisons familiales propres au génie des brazzavillois et souvent construites avec leurs moyens  personnels.
    Mais, sans conteste, Saint Pierre-Claver, c'est la Tour Eiffel de “Bac City“, l'un des quartiers populaires de Brazzaville Sud. Visible à des kilomètres à la ronde, jusqu'à Kinshassa, ce repère géographique érigé au coeur d'un écrin de verdure, à quelques encablures du fleuve Congo, est le symbole permanent d'une chrétienté vivante, forte et fière de le montrer aux brazzavillois, aux touristes et aux nombreuses délégations étrangères qui séjournent régulièrement dans la Capitale.
    Solidement ancrée dans son lit de sable, le centre de gravité ingénieusement ramassé à l'emplacement du choeur, cette architecture fait le bonheur de son concepteur et de ceux, prêtres, religieux et laïcs, qui en ont fait le lieu de leur épanouissement.
    Consacrée à Saint Pierre Julien EYMARD, l'église est un sanctuaire de l'eucharistie (exposition permanente et adoration du Corps du Christ). Et nous devenons également de vrais sanctuaires du Christ lorsque nous mangeons de ce pain et buvons de ce vin.


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Le mot de Tata Aimé
Curé de la paroisse

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