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     Cardinal Emile BIAYENDA

Biayenda Emile est né en 1927 à Malela Bombé, dans la région du Pool, Fils de Semo et Biyela. Après des études primaires à la mission catholique de Kindamba et de Boundji, il entre au Petit Séminaire de Mbamou. En octobre 1950, il est admis au Grand Séminaire Libermann, à Brazzaville. Ordonné prêtre le 26 Octobre 1958. il est successivement curé de la paroisse Sainte Marie de Ouenzé à Brazzaville, de 1959 à 1962, puis de celle de Mouléké, de 1962 à 1964. En 1964, il est arrêté et torturé à cause de ses écrits dans lesquels il dénonce les méthodes injustes adoptées par la police du régime pour maintenir l'ordre public. Après cette invraisemblable mais douloureuse expérience, l'abbé Biayenda part aux études, précisément en France, à l'université catholique de Lyon, où il obtient une licence de théologie et un doctorat en sciences sociales. Nommé Évêque auxiliaire de Brazzaville, le 7 mars 1970, il est consacré à Rome, le 17 mai suivant. Aussitôt après la mort prématurée de Mgr Théophile Mbemba, il est nommé archevêque de la capitale congolaise, le 14 juin 1971. Il est créé Cardinal le 5 mars 1973.

A la suite du Christ, un chemin de la croix pour une vie
offerte en holocauste pour l'unité du peuple congolais

A la suite du départ, en août 1963, de l’abbé Foulbert Youlou, premier président de la jeune république du Congo, son successeur Massamba -Debat instaure un gouvernement "révolutionnaire" et proclame le socialisme scientifique "doctrine officielle de l'État congolais". Dans la foulée, la gauche révolutionnaire remplace le Syndicat chrétien, les écoles catholiques et protestantes sont nationalisées et l'enseignement de la doctrine marxist rendu obligatoire dans toutes les structures. Des citations sorties de leurs contextes sont prises pour slogans politico-idéologiques dans de véritables campagnes de dénigrement organisées contre la religion et l’église… et des mouvements de radicalisation idéologique apparaissent qui se chargent de l’embrigadement et la militarisation de la jeunesse.

Après avoir renversé Massamba-Debat, le Capitaine Marien N'Gouabi prend le pouvoir en juillet 1968. Et lorsqu’à l’occasion du 10e anniversaire de l'indépendance, en 1973, celui-ci affirme : "maintenant, le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Nous avons eu des coups d'Etat chaque année", tout le monde salue sa lucidité et son volontarisme dans sa lutte contre le tribalisme et le sous-développement.

D’ailleurs, en écho à cette volonté politique affichée, les évêques écrivent dans leur lettre pastorale du Carême en 1973: "Le danger que nous devons écarter maintenant est la division: la société civile sans la collaboration de la famille ou de l'Église; l'Église sans le dialogue avec la famille ou l'Etat. Pareil comportement n'est ni évangélique ni chrétien. Quoi qu'il en soit, les jeunes ne connaissent pas toutes ces divisions. Ils sont membres d'une même famille, citoyens de notre pays, fils et filles de l'Eglise. Enfin, ils attendent de nous une collaboration loyale et désintéressée".
Prise entre le marxisme de Brazzaville et l’authenticité de Kinshassa de l’autre côté du majestueux fleuve Congo, l’église rappelle ses valeurs chrétiennes, stimulant inlassablement les communautés chrétiennes nationales à faire face aux vrais défis et à se solidariser avec tous ceux qui sont en difficulté ou mis en péril à cause de leur foi. Le  Synode des Évêques en 1974 fait résonnance de ces préoccupations.

Le 18 mars 1977, à 14h30, le président N'Gouabi est assassiné dans sa résidence présidentielle à l’Etat-major de Brazzaville. "L'impérialisme, dans un dernier sursaut, a planifié le meurtre de N'Gouabi qui, cependant, s'est battu avec le commando de tueurs…», C'est dans ces termes que la radio annonce l'assassinat du président. Une chasse à l'homme est organisée par les forces de l'ordre. Le cardinal Biayenda publie alors un message invitant les croyants du Nord, du Centre et du Sud à "garder leur calme et à sauvegarder la fraternité".
Mais vite la situation se dégrade. Au cours d’un cynique rituel, les noms des personnalités éliminées « au petit matin » sont froidement annoncés à la radio. Une rumeur d’enlèvement du Cardinal court même dans le pays… Le soir du 22 mars, une Land-Rover s'arrête devant la résidence du Cardinal. Deux hommes en descendent et informent le Cardinal que le Comité militaire du Parti (CMP) désire le voir. Le Cardinal monte à bord du véhicule de ceux qui seront sees propres assassins, car quelques minutes plus tard ils le tuent avec une inimagibale cruauté sur une montagne à Djiri. Tout le peuple congolais et, au-delà, la communauté internationale sont choqués et attristés par cette violence aveugle et infondée.

Le Pape Paul VI réagit : «c’est un lourd tribut de sang payé par l'Église dans la personne d'un de ses dignes fils ». « Il était le plus innocent des prêtres », écrit Mgr Ernest Kombo. « Sa collaboration avec les dirigeants politiques avait été toujours loyale, reflet de sa vision spirituelle".

Le peuple congolais et la nation perdent dans la personne du Cardinal Emile Biayenda une personnalité très distinguée de l'Eglise qui, durant toute sa vie, aura lutté pour la fraternité et l'harmonie entre tous les fils du Congo".
Et, même si le très zélé porte-parole du gouvernement de l'époque qualifie le meurtre du Cardinal d'"acte odieux », cette barbarie dont ils portent à jamais la responsabilité collective annonçait l’agonie puis la fin d’une aventure politique extrêmement dommageable pour le peuple congolais.


• Un site à visiter, entièrement dédié à la coordination pour la cause de béatification et de canonisation du cardinal Emile BIAYENDA - cliquez ici



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Le mot de Tata Aimé
Curé de la paroisse

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